Compte rendu sur le One Planet Summit 2021

 

   Le 11 Janvier 2021, la France a pris l’initiative d’organiser la quatrième édition d’une conférence inédite, organisée dans le cadre des accords de la COP21, qui a pris pour nom le One Planet Summit. Dans le cadre de cette colloque, plusieurs invités - parmi lesquels il est possible de compter des spécialistes, artistes et même chefs d’Etats - se sont réunis avec pour but de discuter des enjeux environnementaux mondiaux et d’encourager un changement radical. En effet, si l’Organisation des Nations Unies a été en charge de la lutte environnementale jusqu'à maintenant, Antonio Guterres - Secrétaire général actuel de l’ONU - n’a pas peur d’affirmer qu’aucun objectif n’a encore été atteint. Il est clair: nous sommes en train de vivre une crise écologique ; le but est donc ici de remédier à cela. Ainsi, il a été possible d’organiser la conférence selon quatre thèmes d’action différents.

 

1- Protection des espaces terrestres et maritimes

 

   Dans le cadre du premier thème, c’est Cristian Samper, biologiste, ainsi que Président et Directeur Général de l’organisation Wildlife Conservation Society, qui intervient en premier pour souligner l’importance de ce sujet et notamment l’urgence d’accélérer la création de zones protégées où la faune comme la flore pourraient évoluer et vivre comme il se doit. En effet, il explique que si le nombre de zones protégées a doublé au cours de récentes années, la plupart d’entre elles sont bien trop petites pour être viables pour les 10 000 autres espèces avec qui nous cohabitons, surtout face au réchauffement climatique. Or, pour lui, la triple crise que nous sommes en train de vivre - combinant la pandémie COVID-19, la perte de biodiversité et le réchauffement climatique - pourrait se voir partiellement résolue grâce aux zones de conservation. Il nous offre son expertise pour conseiller d’élargir ces zones de telle sorte qu’elles couvrent approximativement 30% des espaces terrestres et maritimes avant 2030.

 

C’est Carlos Alvarado Quesada, Président du Costa Rica, qui présente alors la nouvelle coalition internationale Haute Ambition pour la Nature et pour les Peuples qui a pour but, d’ici 2030, de protéger au moins 30% des mers et terres pour faire face à la perte accélérée des écosystèmes et de la biomasse. Il explique que les dirigeants ont non seulement une certaine responsabilité vis-à-vis des besoins présents des citoyens mais aussi vis-à-vis de l’avenir de l’humanité. Le Prince Albert de Monaco, quant à lui, souligne l’importance de protéger les aires marines via l’existence d’un fond financier, financé par plusieurs pays, visant alors une capitalisation de 30M d’euros d’ici 2025. Ce fond représentera alors un partenaire principal et actif de la coalition d’ici 2030. Chemin faisant, Barbara Pompili, Ministre française de la Transition Écologique, encourage alors la construction d’un plan d’action concret pour agir sur la biodiversité et ainsi arrêter de polluer les mers et océans.

 

2- Promouvoir l'agro-écologie: protection de l'environnement, sécurité alimentaire et réduction des inégalités.

 

   Selon le Président de la République, Emmanuel Macron, ce sujet concerne avant tout la transformation d’un mode de production et la création d’une manière d’apporter de la sécurité alimentaire ; il s’agit alors, selon lui, de maximiser le développement économique, la création d’emploi et la protection de la biodiversité. Ursula Von Der Leyen, président de la commission européenne, ajoute à cela que nous avons besoin de la nature pour notre santé physique et mentale et qu’il est important d’investir dans les maladies, la biodiversité et la santé animale. Dans ce cadre, l’Union Européenne prend de multiples actions, tel que le financement partiel de la Grande Muraille Verte pour l’Afrique ou l’instauration de European Green Deal ayant pour but la protection des zones terrestres et maritimes.

Mariam Sow, cofondatrice de l'Alliance pour l’Agroécologie en Afrique de l’Ouest (3AO) , apporte à la discussion son expérience sur le terrain, notamment au Sénégal, dans le cadre de la promotion de l’agroécologie auprès des populations rurales. Elle explique alors qu’il est nécessaire de changer le paradigme car l’agroécologie doit être faite par le peuple et pour le peuple.

David Malpass introduit alors, au nom de la Banque mondiale dont il est président, leur intention d’accroître les investissements dans l’agroécologie. Il prend notamment pour exemple leur plan d’investir plus de 5M d’euros, entre maintenant et 2025, afin de restaurer les terres dégradées du Sahel et de la Corne de l’Afrique. En effet, le Président de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, souligne l’importance des enjeux agro écologiques dans les pays sahéliens, ce qui renforce le besoin de la Grande Muraille Verte, qui leur offre le cadre idéal pour introduire des changements plus que nécessaires.

 

3- Mobilisation des financements pour la biodiversité

 

   Emmanuel Macron commence par présenter les enjeux d’une transition écologique solidaire envers les économies émergentes et intermédiaires qui souffrent déjà énormément. S’il est vrai que nous n’avons toujours pas réussi à faire preuve de réelle solidarité, ces financements auront pour but de remédier à cela. Dans ce cadre, Justin Trudeau, Premier Ministre Canadien, a présenté leur plan de travailler avec les peuples autochtones canadiens afin de protéger 30% des océans d’ici 2030. De plus, un fond de l’ONU permet d’allouer 55 millions de dollars afin d’aider la mise en place de projets écologiques dans des pays à faibles revenus.

 

La Première Ministre de la Norvège, Erna Solberg, prend la parole pour nous pousser à étudier le lien entre le financement et la protection de la biodiversité ; elle souligne alors trois points importants. Premièrement, il faut produire des subventions pour tout ce qui est détrimental pour la biodiversité. Ensuite, il s’agit de donner des subventions plus importantes pour lier les actions des secteurs privés et publics. Finalement, il est nécessaire de penser à une utilisation plus efficace de nos ressources, notamment celle contre la déforestation.

Le président de Schneider Electric, Jean Pascal Tricoire, explique que l'industrie n’est pas à laisser pour compte, elle a ici deux rôles: montrer l’exemple en terme de protection environnementale et mettre au point des solutions innovantes pour protéger la biodiversité. Boris Johnson, Premier Ministre du Royaume Uni, épaule sa présentation, en encourageant le progrès pour trouver des solutions technologiques pour faire face au réchauffement climatique. Si la solution apparaît progressivement, nous sommes actuellement en train de détruire des espèces et habitats à un rythme effrayant - par exemple, environ 5000 espèces ont été portées disparues. Ainsi, le Royaume Uni s’engage à créer, avec l’aide de la France et du Canada, des zones protégées sur 30% de notre surface terrestre et maritime et un budget de 1,6 milliard de livres sera alloué à la sauvegarde de la biodiversité.

 

4 -La protection des forêts tropicales, de l’espèce et de la santé humaine

 

   Comme Ursula Von Der Leyden l’a souligné plus tôt, il est important de préserver l’environnement afin de protéger notre santé du fait que près d’un quart des espèces de la faune et de la flore sont affectées par la destruction des habitats naturels ; c’est le sujet de cette séquence.

La France s’engage donc à mener des alliances pour la protection des forêts tropicales, visant un budget de 5 milliards de dollars contre la déforestation de ces dernières. Ce mouvement est nécessaire de nos jours car il a été prouvé qu’il y a plus de risques d’infection lorsque nous détruisons les ressources naturelles et que nous abusons des écosystèmes ; lutter contre la désertification permettra de combattre la pandémie actuelle et les futures en luttant contre le trafic des espèces.

Le Président du Conseil Européen, Charles Michel, souligne alors le rôle de l’Union Européenne qui doit impérativement être un acteur engagé pour mieux développer les systèmes de santé et pour mieux approcher les enjeux de la gestion des forêts. Il pense alors pouvoir pousser les pays à planter 3 milliards d’arbres d’ici 2030 et à créer un nombre exponentiel de zones protégées.

Alors que les gouvernements négocient pour la biodiversité, c’est l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (ONUAA) qui appuie la protection de la biodiversité dans le secteur de l’alimentation et l’agriculture, comme le pointe son directeur général, QU Dongyu. Il présente alors l’initiative Zodiac qui a pour but de fournir 100 millions de dollars supplémentaires pour la surveillance de zones à protéger tout en intégrant mieux les résultats scientifiques dans les processus de décisions politiques.

C’est ensuite Marco Lambertini, président du World WIldlife Fund (WWF) qui prend ensuite la parole pour expliciter le fait que pendant trop longtemps déjà, nous avons considéré que la nature allait de soi. Cependant, les crises climatiques nous permettent de comprendre les conséquences dramatiques du manque de soin de la Nature. Il relie encore ça aux potentielles pandémies mondiales, en fournissant un chiffre inquiétant: trois quarts des infections humaines proviennent des animaux. Ainsi, en empêchant la déforestation, nous empêchons la création d’autoroutes pour des virus. Certaines conditions s’imposent alors: Il faut donc changer la manière dont nous produisons les denrées alimentation pour le faire de manière plus durable, il faut changer le système international d’importations et il faut reconnaître les droits des peuples autochtones qui sont un moteur essentiel pour lutter contre la déforestation.

Pascal Canfin, qui préside la Commission de l’Environnement du Parlement Européen, explique que la Commission va proposer la toute première loi pour empêcher la déforestation pour les produits importés. Cela sera fait en travaillant avec des entreprises locales et en adoptant une loi à l’échelle de l'entièreté du continent européen. Ainsi, cela nous offrira la possibilité de tracer ce qui est produit et ce que nous importons, en utilisant des nouvelles technologies qui nous aideront à limiter la déforestation.

 

   Pour conclure, les enjeux sont ici multiples et l’agenda est bel et bien double. En effet, nous faisons, dans un premier temps, face à un agenda de clarification car il s’agit de réduire les importations de protéines qui créent de la déforestation. Secondement, il y a un agenda qu’on peut qualifier d’euro-africain car l’Europe ne doit par chercher l’autarcie mais simplement chercher à réduire sa dépendance tout en construisant des nouvelles alliances avec des pays vertueux.

 

Jade Lemoine, Jeanne Bellocq, Eline Prou ​​et Elise Amary